Pourquoi le stress chronique peut freiner la perte de poids ?
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Stress ou anxiété : comment faire la différence ?
Le stress et l’anxiété sont souvent confondus. Ils peuvent se ressembler, se croiser et même s’alimenter l’un l’autre,
mais ils ne désignent pas exactement la même chose.
Vous vous reconnaissez plutôt dans l’anxiété ?
Vous vous reconnaissez plutôt dans une accumulation de stress ?
- Lorsqu’un proche ne répond pas, vous imaginez rapidement qu’il a pu lui arriver quelque chose.
- Vous anticipez une réunion plusieurs jours à l’avance en passant en revue tout ce qui pourrait mal se dérouler.
- Une douleur inhabituelle vous fait craindre une maladie grave.
- Même lorsque tout va bien, votre esprit cherche ce qui pourrait arriver.
- Vous ressentez une inquiétude difficile à calmer, sans toujours parvenir à identifier une menace précise.
- Vous avez besoin d’anticiper, de prévoir ou de contrôler pour vous sentir rassuré(e).
L’anxiété est une émotion liée à l’anticipation d’un danger, réel ou imaginé. Elle nous projette souvent dans ce qui pourrait arriver, parfois bien avant qu’une situation ne se présente.
L’anxiété peut donc être ressentie alors qu’aucune contrainte immédiate ne se présente. Le corps réagit à ce qui pourrait arriver, comme si le danger était déjà là.
- Vous devez penser à tout pour toute la famille.
- Vos journées s’enchaînent sans véritable temps de récupération.
- Vous avez la sensation d’être toujours en train de gérer une urgence.
- Vous passez sans arrêt d’une tâche à l’autre.
- Vous manquez de sommeil, mais vous continuez à avancer.
- Même lorsque vous vous reposez, votre corps et votre esprit ont du mal à ralentir.
- Une difficulté professionnelle, familiale, financière ou médicale se prolonge depuis plusieurs mois.
- Lorsque vous prenez enfin quelques jours de vacances, votre corps ne se détend pas vraiment… ou il tombe malade dès que la pression redescend.
Le stress est une réponse normale de l’organisme face à une contrainte, une pression ou un défi.
Préparer un examen, organiser un déménagement, faire face à une surcharge de travail, accompagner un proche malade ou enchaîner des journées très chargées peuvent provoquer du stress.
Le stress n’est donc pas nécessairement lié à la peur. Il peut simplement correspondre à un organisme qui doit s’adapter en permanence, sans disposer de suffisamment de temps pour récupérer.
Le stress ...c'est quoi exactement?
Avant de définir ce qu’est le stress, il est utile de préciser ce qu’il n’est pas.
Le stress n’est pas une émotion.
On peut ressentir de la peur, de la colère, de l’inquiétude, de la tristesse ou de l’agacement lorsqu’on est stressé. Mais le stress, lui, correspond plutôt à une réponse physiologique de l’organisme. C’est un mode de fonctionnement du corps.
Une réponse d’adaptation face à une contrainte, une pression, un changement ou une demande.
Lorsqu’une situation demande un effort particulier, le corps mobilise de l’énergie pour nous aider à faire face. Il cherche à maintenir son équilibre malgré ce qui se passe autour de nous, ou parfois en nous. Ce mécanisme est normal.
À l’origine, le stress n’est pas un ennemi.
Lors d’un stress, l’organisme ne se contente pas de “ressentir” quelque chose. Il se prépare à réagir.
Il peut par exemple :
- augmenter la vigilance, comme si le cerveau allumait des projecteurs pour mieux repérer ce qui se passe autour de lui
- accélérer le rythme cardiaque et la respiration, afin d’envoyer plus rapidement de l’oxygène et de l’énergie vers les muscles
- mobiliser davantage d’énergie, comme si le corps devait courir plus vite, se défendre, fuir un danger ou faire face à une situation urgente
- modifier temporairement la digestion, car digérer demande beaucoup d’énergie. En situation d’alerte, le corps peut mettre cette fonction au second plan pour privilégier l’action immédiate
- augmenter la tension musculaire, pour être prêt à réagir. C’est ce qui peut donner cette sensation de mâchoires serrées, d’épaules contractées, de dos tendu… mais aussi, parfois, cette impression d’avoir une force ou une réactivité inhabituelle ;
- libérer des médiateurs comme l’adrénaline et le cortisol, qui participent à rendre l’organisme plus disponible, plus rapide, plus réactif
- orienter les ressources vers ce qui semble prioritaire, c’est-à-dire survivre, agir, gérer l’urgence ou tenir le coup.
Ce fonctionnement est très utile lorsqu’il s’agit de répondre à un danger ou à une situation ponctuelle. Le corps sait alors mobiliser ses ressources pour faire face.
Le problème n’est donc pas d’avoir du stress. Au contraire, il est utile : il nous aide à réagir, à nous adapter, à faire face à une situation difficile ou à sortir d’un danger.
La difficulté apparaît surtout lorsque cet état de mobilisation dure trop longtemps, ou lorsque l’organisme ne parvient plus à revenir suffisamment souvent à un état de récupération.
Que se passe-t-il lorsque le stress devient chronique ?
Le problème apparaît lorsque le stress ne redescend plus vraiment
Le stress peut alors devenir une sorte de bruit de fond, présent depuis si longtemps qu’on ne le remarque presque plus : une pression professionnelle permanente, un conflit qui dure, une situation de harcèlement, la peur de ne pas pouvoir payer ses charges, la charge mentale du quotidien, ou encore une inquiétude familiale qui ne laisse jamais vraiment de répit.
Dans ces situations, l’organisme reste mobilisé trop longtemps. Il continue à tenir, à compenser, à s’adapter.
Mais il ne revient plus suffisamment souvent à un état de récupération.
Ce n’est plus seulement une réaction ponctuelle à une difficulté. C’est un état qui s’installe.
C’est ce que l’on appelle le stress chronique.
Ce qui se passe dans le corps
Normalement, l’organisme se mobilise face à une contrainte, puis revient progressivement à un état de récupération.
Mais lorsque les pressions se répètent, s’accumulent ou ne cessent jamais vraiment, ce retour au calme peut devenir plus difficile.
Le système nerveux reste alors plus facilement en alerte. Le corps continue à fonctionner comme s’il devait se préparer, surveiller, anticiper ou tenir.
Cette mobilisation prolongée peut influencer plusieurs fonctions importantes :
- le sommeil et la récupération
- la vigilance et la concentration
- l’humeur et l’irritabilité
- la digestion
- les tensions musculaires
- l’immunité
- l’énergie disponible
- certains comportements de compensation
- la capacité à ressentir que le danger ou la contrainte est réellement terminé.
Il ne s’agit pas forcément d’avoir un cortisol “élevé en permanence”. La réponse au stress est plus complexe que cela. Elle peut varier selon les personnes, les périodes de vie, l’intensité des contraintes et la durée pendant laquelle le corps a dû s’adapter.
Il est donc plus juste de parler d’une mobilisation prolongée, ou d’une dérégulation progressive des systèmes d’adaptation, plutôt que d’imaginer un seul mécanisme identique pour tout le monde.
Autrement dit, le corps ne “dysfonctionne” pas sans raison.
Il continue souvent à appliquer une stratégie qui a été utile à un moment donné : tenir, se protéger, anticiper, compenser.
Mais à long terme, cette stratégie peut devenir coûteuse.
Lorsque cette mobilisation dure trop longtemps, certaines personnes peuvent aller jusqu’à l’épuisement. On parle parfois de burn-out lorsqu’une personne a tenu pendant des semaines, des mois, parfois des années, en dépassant régulièrement ses limites, jusqu’à ne plus réussir à récupérer. Le burn-out n’est pas seulement une grande fatigue. C’est souvent l’impression que le corps et le mental n’arrivent plus à répondre comme avant : difficulté à se lever, perte d’élan, troubles du sommeil, hypersensibilité, irritabilité, impression d’être vidé(e), de ne plus pouvoir faire face. Il ne concerne pas uniquement le travail salarié. Un épuisement peut aussi s’installer dans un contexte de charge familiale, d’aidance, de conflit prolongé, de pression financière, de maladie, ou de responsabilités accumulées sans véritable temps de récupération.
Dans tous les cas, cela montre à quel point le stress chronique n’est pas seulement “dans la tête”. Lorsque le corps a dû tenir trop longtemps, il peut finir par réclamer l’arrêt.
Ce que cela peut changer dans la vie quotidienne
Le stress chronique ne se manifeste pas toujours par la sensation évidente d’être stressé. Certaines personnes ne se disent pas : “Je suis stressée.” Elles se disent plutôt :
“Je suis fatiguée.”
“Je suis à fleur de peau.”
“Je n’arrive plus à récupérer.”
“Je tiens, mais je sens que je ne tiens qu’à un fil.”
“Je peux exploser pour pas grand-chose.”
“Je n’arrive jamais vraiment à me poser.”
Le stress chronique peut donner l’impression d’être constamment sur le qui-vive, même lorsque rien d’urgent ne se passe.
On peut avoir du mal à dormir profondément, se réveiller déjà fatigué, avoir le corps tendu, la digestion perturbée, les pensées qui tournent en boucle, ou la sensation d’être toujours en train de gérer quelque chose.
Avec le temps, ce fonctionnement peut aussi modifier la manière de vivre ses journées. Non pas par manque de volonté, mais parce que l’organisme cherche à économiser ses ressources ou à trouver des moyens rapides de tenir. On peut alors se surprendre à repousser le repos, à fonctionner en pilotage automatique, à choisir ce qui demande le moins d’effort, à rechercher du soulagement immédiat, ou à ne plus savoir vraiment ce dont le corps a besoin.
Ce ne sont pas forcément de “mauvaises habitudes”. Ce sont parfois des stratégies d’adaptation qui se sont installées lorsque le corps a dû tenir trop longtemps. C’est parfois là que l’on comprend que le problème n’est pas seulement la difficulté du moment, mais l’absence de vraie récupération entre les périodes de tension.
Quelques questions peuvent aider à se repérer :
🪶 Depuis quand votre corps semble-t-il en vigilance ?
🪶 Dormez-vous vraiment de façon réparatrice ?
🪶Avez-vous l’impression d’être toujours sur le qui-vive ?
🪶 Votre charge mentale est-elle devenue permanente ?
🪶 Votre corps a-t-il traversé un traumatisme, une maladie, une période de survie ou une longue période de pression ?
🪶 Que se passe-t-il lorsque vous prenez enfin des vacances : votre corps se relâche-t-il… ou tombe-t-il malade ?
Ces signes ne veulent pas dire que tout vient du stress. Mais ils peuvent indiquer que l’organisme fonctionne depuis longtemps en mode adaptation, avec peu d’occasions de revenir à un véritable état de sécurité intérieure.
Comment le stress chronique peut-il influencer votre poids ?
Le corps ne cherche pas à vous faire grossir. Il cherche d’abord à s’adapter.
Lorsque le stress devient chronique, l’organisme peut fonctionner comme s’il devait tenir, anticiper, compenser ou se protéger en permanence. Il mobilise de l’énergie, modifie certaines priorités internes, et peut finir par perturber des fonctions essentielles comme le sommeil, l’appétit, la digestion, la récupération ou la vitalité.
Comprendre ce mécanisme, c’est déjà commencer à sortir de la culpabilité.
Chez certaines personnes, le stress chronique peut entretenir un fonctionnement qui rend la perte de poids plus difficile. Cela peut expliquer pourquoi les conseils alimentaires seuls ne suffisent pas toujours.
Ce n’est pas une question de manque de volonté. C’est parfois le signe que le corps dépense déjà beaucoup d’énergie à essayer de garder son équilibre.
Imaginez une voiture avec le pied constamment posé sur l’accélérateur. Au début, le moteur tient. Mais si cela dure des semaines, des mois, parfois des années, il finit par s’user.
Pour le corps, c’est un peu la même chose. Quand il reste trop longtemps en mode adaptation, plusieurs mécanismes peuvent alors être concernés comme :
Le stress chronique peut rendre l’endormissement plus difficile, provoquer des réveils nocturnes, donner l’impression de dormir sans vraiment récupérer, ou laisser une sensation de fatigue dès le réveil.
Or, le sommeil joue un rôle important dans la régulation de l’appétit, de la satiété, de l’énergie et des comportements alimentaires. Les études montrent qu’un manque de sommeil peut modifier la régulation du glucose, de l’insuline, ainsi que les hormones de l’appétit comme la leptine et la ghréline.
La leptine est l’un des signaux qui participent à la satiété. La ghréline, elle, stimule plutôt la faim. Quand le sommeil est insuffisant ou perturbé, ces signaux peuvent devenir moins lisibles : on peut avoir davantage faim, être plus attiré par les aliments très énergétiques, ou avoir plus de mal à sentir clairement la satiété.
Le stress peut influencer la façon de manger.
Certaines personnes perdent momentanément l’appétit lorsqu’elles sont sous pression. D’autres, au contraire, ressentent davantage d’envies alimentaires, en particulier vers des aliments réconfortants, sucrés, gras ou très énergétiques.
Il peut alors devenir plus difficile de distinguer la faim réelle du besoin d’apaisement.
On peut manger pour se calmer, se récompenser, remplir un vide, faire une pause, retrouver une sensation agréable, ou simplement tenir jusqu’à la fin de la journée.
Ces comportements ne sont pas toujours de simples “mauvaises habitudes”.
Ils peuvent aussi être des tentatives du corps et du système nerveux pour retrouver rapidement un apaisement.
Lorsque l’organisme utilise déjà beaucoup d’énergie pour tenir, il peut rester moins de ressources pour le reste.
La fatigue peut diminuer l’activité spontanée : on bouge un peu moins, on remet certaines choses à plus tard, on choisit ce qui demande le moins d’effort, on procrastine...parfois sans même s’en rendre compte. Organiser ses repas, bouger, marcher ou appliquer de nouvelles recommandations peut devenir plus difficile.
Chez d’autres personnes, le stress produit l’effet inverse : elles s’agitent, ne s’arrêtent jamais, restent constamment en mouvement, mais sans véritable récupération.
Dans les deux cas, le corps ne fonctionne plus toujours à partir d’un élan naturel. Il fonctionne à partir d’un état de tension, de fatigue ou de compensation.
Et quand est-il des messagers internes influencés par le stress?
Les régulations internes fonctionnent comme un écosystème Lorsque le stress devient chronique, ce n’est pas seulement une sensation de tension qui s’installe. Les messagers directement impliqués dans la réponse au stress, comme l’adrénaline, la noradrénaline et le cortisol, peuvent aussi interagir avec d’autres systèmes chargés de réguler la glycémie, l’appétit, la satiété et l’utilisation de l’énergie. C’est notamment le cas de l’insuline et du glucagon, sans oublier les messagers de la faim et de la satiété évoqués précédemment.
Ces messagers ne sont ni « bons » ni « mauvais ». Ils ont tous une utilité. Les difficultés peuvent apparaître lorsque les mécanismes d’adaptation sont sollicités trop longtemps ou trop souvent, dans un contexte où le corps ne récupère plus suffisamment.
Aucun de ces mécanismes ne fonctionne dans son coin. Ils communiquent et interagissent en permanence. Le stress influence la production de cortisol ; le cortisol participe à modifier la disponibilité du glucose ; l’insuline intervient ensuite dans sa régulation et son stockage. La thyroïde, les signaux de faim et de satiété, le sommeil ou encore l’activité physique participent eux aussi à cet équilibre.
Le corps fonctionne un peu comme un orchestre : lorsqu’un instrument doit jouer plus fort ou plus longtemps, les autres doivent s’adapter pour maintenir l’ensemble en équilibre.
Alors qui fait quoi?
Face à une situation de stress, le corps cherche d’abord à rendre de l’énergie disponible. L’adrénaline et la noradrénaline augmentent rapidement la vigilance et la réactivité : le cœur accélère, l’attention se resserre et l’organisme se prépare à agir. Le cortisol contribue ensuite à maintenir cette disponibilité énergétique plus longtemps. Le glucagon participe également à libérer du glucose dans le sang lorsque l’organisme anticipe un besoin rapide de carburant.
Ce fonctionnement est utile dans une situation ponctuelle : fuir, réagir, tenir un effort, faire face à une urgence.
Mais lorsque le stress devient chronique, le corps peut rester trop souvent dans cette logique de mobilisation de l’énergie. En temps normal, l’insuline aide le glucose présent dans le sang à entrer dans les cellules, afin qu’il soit utilisé comme carburant ou stocké pour plus tard. Or, lorsque l’organisme reste régulièrement en état d’alerte, les réponses répétées au stress peuvent contribuer à maintenir plus fréquemment du glucose disponible dans le sang, comme s’il devait pouvoir réagir à tout moment. À la longue, ce fonctionnement peut participer à une diminution de la sensibilité à l’insuline. Autrement dit, les cellules répondent moins bien à son message : c’est ce que l’on appelle la résistance à l’insuline. L’organisme peut alors devoir produire davantage d’insuline pour obtenir le même effet. Cela peut rendre la régulation du sucre, de l’énergie, de l’appétit et du stockage moins stable. Le stress chronique n’est généralement pas la seule cause d’une résistance à l’insuline, mais il peut faire partie des facteurs qui entretiennent ce terrain, surtout lorsqu’il s’accompagne d’un mauvais sommeil, d’une fatigue importante ou d’une baisse d’activité physique.C’est là que le lien avec le poids devient intéressant.
Chez certaines personnes, ce fonctionnement peut favoriser les envies de sucre, les prises alimentaires automatiques, la fatigue, la baisse d’activité spontanée, une moins bonne récupération, ou une gestion moins stable de la faim et de la satiété.
Et ce n’est pas seulement une question de cortisol.
Le cortisol a bien un rôle dans la réponse au stress, et une exposition prolongée aux systèmes du stress peut être associée à des perturbations métaboliques, notamment autour de l’insuline, de l’appétit et du stockage abdominal. Mais le poids ne se résume jamais à un seul messager hormonal. Il dépend d’un ensemble : sommeil, alimentation, mouvement, ménopause, digestion, émotions, histoire personnelle, traitements éventuels, résistance à l’insuline… et stress chronique.
Autrement dit, le stress chronique ne “fabrique” pas automatiquement une prise de poids.
Mais il peut créer un terrain où le corps a plus de mal à réguler son énergie, son appétit, ses envies, son sommeil et sa récupération.
Le problème n’est donc pas forcément que votre corps fonctionne mal. Il essaie peut-être simplement de vous protéger avec les moyens qu’il connaît.
Et si ce mécanisme est présent, la question devient alors : comment aider progressivement l’organisme à sortir de cet état d’alerte ?
Peut-on agir sur ce mécanisme de stress chronique ?

Oui, il est possible d’agir!
Mais pas en demandant simplement au corps de “se détendre”, ni en ajoutant une contrainte de plus à un organisme déjà sous pression...
Que faire ?
Certaines pratiques peuvent être de vraies ressources : la respiration, la cohérence cardiaque, l’hypnose, la méditation, le mouvement, l’écriture, la musique, le contact avec la nature, les activités créatives, les échanges avec des proches, le rire, le jardinage, le chant, la danse ou encore toute activité qui procure un sentiment de calme, de présence, de plaisir ou de sécurité. Tout dépend de la personne, du moment et de ce dont son système nerveux a réellement besoin.
La vraie question n’est donc pas seulement :
« Comment faire redescendre le stress ? »
Mais aussi :
« Qu’est-ce que ce stress essaie de signaler ? »
« Qu’est-ce qui continue à maintenir mon organisme en alerte ? »
« De quoi mon corps aurait-il besoin pour ne plus avoir à tenir en permanence ? »
Il existe plusieurs manières d’agir sur ces différents niveaux. Certaines vont aider à apaiser les réactions automatiques, d’autres à soutenir le sommeil, l’énergie, la digestion, l’alimentation ou la récupération. C’est ce que nous allons maintenant explorer.
Réduire ce qui surcharge l’organisme :
La première étape consiste à repérer ce qui maintient le corps en alerte.
Certaines sources de stress sont relativement faciles à identifier : une surcharge de travail, une charge familiale importante, des conflits répétés, du harcèlement, des difficultés financières, une maladie, une douleur persistante, l’accompagnement d’un proche dépendant ou un manque prolongé de repos. Cette liste est bien sûr loin d’être exhaustive.
D’autres facteurs sont plus discrets, parce qu’ils ont fini par faire partie du quotidien : un rythme de vie constamment tendu, des journées sans véritable pause, la sensation de devoir rester disponible en permanence, des notifications incessantes, des trajets fatigants, des repas irréguliers, un sommeil insuffisant, le fait de toujours anticiper les besoins des autres, de ne jamais réussir à dire non ou de vouloir tout faire parfaitement.
L’organisme peut également être fragilisé par une activité physique trop intense par rapport à ses capacités de récupération. À l’inverse, une fatigue importante, une douleur ou une immobilisation prolongée peuvent réduire progressivement le mouvement quotidien et entretenir un cercle dans lequel le corps récupère de moins en moins bien.
Agir sur le stress chronique ne signifie donc pas nécessairement en faire davantage. Parfois, la première étape consiste au contraire à ne pas ajouter de nouvelles exigences à un organisme déjà épuisé : un régime très restrictif, des jeûnes prolongés, des bains froids imposés, une activité physique non adaptée, une méditation que l’on se forcerait à pratiquer ou une routine de bien-être si contraignante qu’elle devient elle-même une source de stress.
Stabiliser les repas, soutenir le sommeil, retrouver de véritables temps de récupération, adapter l’activité physique au niveau d’énergie disponible, alléger certaines contraintes ou réorganiser progressivement son rythme de vie peuvent déjà diminuer la pression exercée sur l’organisme.
Aider le corps à retrouver des repères de sécurité grâce à l'hypnose
Lorsque le stress chronique s’est installé, certaines réactions peuvent devenir automatiques. On se met en tension très rapidement, on anticipe sans cesse, on mange pour s’apaiser, on se sent en danger alors que la situation présente ne le justifie plus réellement, ou l’on répète des comportements dont on sait pourtant qu’ils ne nous aident plus.
C’est là que l’hypnose peut être intéressante.
Elle peut aider à développer de nouvelles réponses face aux situations stressantes, à interrompre certains automatismes, à travailler sur les comportements alimentaires utilisés comme moyen d’apaisement ou encore à diminuer l’hypervigilance intérieure.
Elle peut également permettre de modifier certaines associations apprises. Le cerveau apprend en effet à relier des situations, des émotions et des comportements. Une réaction répétée suffisamment souvent peut finir par se déclencher presque automatiquement.
Par exemple :
une colère peut déclencher une envie immédiate de manger ;
une journée difficile peut être systématiquement associée au besoin de se récompenser avec du chocolat, du fromage ou un verre d’alcool ;
la fatigue peut provoquer une recherche rapide de sucre, même en l’absence de véritable faim ;
le retour à la maison peut devenir automatiquement associé à l’ouverture du réfrigérateur ;
l’ennui, la solitude ou le sentiment de vide peuvent déclencher des grignotages en soirée ;
une contrariété peut conduire à manger très vite, sans réellement percevoir les quantités ;
l’anxiété peut pousser à manger en continu pour rester occupé ou détourner momentanément l’attention ;
à l’inverse, certaines personnes coupent leur faim lorsqu’elles sont sous tension, puis mangent davantage lorsque la pression retombe.
L’hypnose peut alors aider à créer un espace entre l’émotion et la réponse automatique, afin que d’autres possibilités deviennent progressivement accessibles.
Dans certains cas, elle permet aussi d’explorer l’histoire de certains automatismes, de certaines réactions ou du déclenchement de certaines émotions, lorsque cela paraît utile. Non pas pour rechercher à tout prix une cause unique, mais pour comprendre pourquoi le corps continue parfois à réagir comme si le danger était encore présent, alors que le contexte a changé.
Soutenir le terrain avec la naturopathie lorsque c’est pertinent
La naturopathie peut venir en soutien sur les grands piliers du quotidien : l’alimentation, le sommeil, la digestion, le rythme de vie, l’activité physique, l’exposition à la lumière naturelle, l’énergie disponible, ainsi que d’éventuelles carences ou des besoins particuliers.
L’idée n’est pas d’empiler les conseils ou les compléments, mais d’observer ce qui pourrait aider l’organisme à retrouver un fonctionnement plus stable.
Parfois, il s’agira de régulariser les repas afin de limiter les variations d’énergie trop importantes.
Parfois, de soutenir le sommeil, la digestion ou le transit.
Parfois, de programmer de véritables temps de repos, une sieste ou des pauses dans la journée.
Parfois encore, d’adapter l’activité physique pour qu’elle soutienne l’organisme au lieu de l’épuiser davantage.
L’alimentation peut également être ajustée en fonction du terrain et des besoins de la personne. Cela peut consister à renforcer les apports en protéines, en fibres, en bons acides gras, en vitamines et en minéraux, ou à porter une attention particulière à certains nutriments utiles au fonctionnement thyroïdien, comme l’iode, le sélénium ou le zinc. Selon la situation, cela peut passer par les poissons et fruits de mer, les œufs, certaines algues utilisées avec discernement, ou encore une petite quantité de noix du Brésil.
D’autres mesures d’hygiène de vie peuvent aussi être explorées : retrouver une exposition régulière à la lumière du jour, respecter davantage les rythmes veille-sommeil, soutenir les fonctions digestives et hépatiques, réduire les sollicitations excessives, réintroduire progressivement du mouvement ou, au contraire, donner davantage de place au repos lorsque l’organisme est épuisé.
Les plantes, les compléments alimentaires ou des protocoles plus ciblés peuvent parfois compléter cet accompagnement, mais ils sont choisis en fonction de la situation précise de la personne, de son état de santé, de ses analyses, de ses traitements éventuels et de sa capacité réelle à les intégrer sans ajouter une nouvelle contrainte.
La naturopathie cherche ainsi à créer les conditions les plus favorables au maintien ou au rétablissement de l’homéostasie : un équilibre dynamique dans lequel l’organisme peut mieux s’adapter, récupérer et réguler ses réponses au stress.
Une approche individualisée
Il n’existe pas de solution universelle.
Nous avons tous une histoire différente, un corps différent, un quotidien différent et des contraintes différentes. Ce qui aide une personne ne sera pas forcément ce dont une autre a besoin.
C’est pourquoi l’objectif n’est pas de multiplier les conseils, mais d’identifier les quelques leviers qui auront le plus de sens pour vous, puis de les mettre en place progressivement, à votre rythme.
Parce que prendre soin de son organisme ne consiste pas à lui imposer une nouvelle série de contraintes, mais à l’aider à retrouver progressivement les conditions dans lesquelles il peut fonctionner au mieux.
Pour aller plus loin
Les références suivantes ont contribué à la rédaction de cette page. Chacune permet d’approfondir un aspect particulier des liens entre stress chronique, sommeil, comportements alimentaires et prise de poids.
Sources scientifiques
Ressources accessibles en français
Inserm — Faut-il vraiment « réguler son cortisol » ?
Une ressource claire pour comprendre le rôle normal du cortisol et éviter d’en faire l’unique responsable du stress ou de la prise de poids.
Santé publique France — Sommeil : les enjeux de santé
Une présentation accessible des liens entre sommeil, santé métabolique, appétit et régulation du poids.
Ressources accessibles en anglais
Hill D., Conner M., Clancy F. et al.
Stress and eating behaviours in healthy adults: a systematic review and meta-analysis. Health Psychology Review, 2022.
Cette méta-analyse explore la manière dont le stress peut influencer les quantités consommées, les choix alimentaires et les envies de certains aliments.
Van der Valk E., Savas M., van Rossum E.
Stress and Obesity: Are There More Susceptible Individuals? Current Obesity Reports, 2018.
Cette revue explique pourquoi certaines personnes semblent plus vulnérables que d’autres aux effets du stress sur le poids.
Incollingo Rodriguez A., Epel E., White M. et al.
Hypothalamic-pituitary-adrenal axis dysregulation and cortisol activity in obesity: a systematic review. Psychoneuroendocrinology, 2015.
Cette revue permet de mieux comprendre les liens complexes entre cortisol, système de réponse au stress et obésité, sans réduire la prise de poids à une seule hormone.
Aschbacher K., Kornfeld S., Picard M. et al.
Chronic stress increases vulnerability to diet-related abdominal fat, oxidative stress, and metabolic risk. Psychoneuroendocrinology, 2014.
Cette étude s’intéresse à la façon dont le stress chronique peut augmenter la vulnérabilité au stockage abdominal et aux perturbations métaboliques.
Kohanmoo A., Akhlaghi M., Sasani N. et al.
Short sleep duration is associated with higher risk of central obesity in adults: a systematic review and meta-analysis of prospective cohort studies. Obesity Science & Practice, 2024.
Cette méta-analyse examine l’association entre une durée de sommeil insuffisante et le risque d’adiposité abdominale.
Yamada C.
Involvement of Ghrelin Dynamics in Stress-Induced Eating Disorder: Effects of Sex and Aging. International Journal of Molecular Sciences, 2021.
Cette revue explore le rôle possible de la ghréline dans les modifications de l’appétit et du comportement alimentaire liées au stress.
